Dogbe, de mécanicien auto à l’éleveur prospère

Kodjo Dogbe, mécanicien auto depuis 30 ans, s’est reconverti en éleveur suite à sa décision de retourner vivre au village, auprès de son père qui était souffrant à Gadzagan, 100km de la capitale togolaise, Lomé.

J’étais mécanicien auto et j’ai travaillé pendant 30 ans à Kpalimé. J’avais eu beaucoup d’apprentis qui ont tous terminé leur formation. Mais, dans les années 2000, l’état de santé de mon père était critique et il a fallu déménager pour vivre avec lui – confie Kodjo Dogbe, éleveur à Gadzagan

Kodjo a donc quitté son travail pour venir s’installer chez son père pour lui donner toute l’attention méritée le reste de ses vieux jours. C’est au village, qu’il a eu l’idée de commencer l’élevage des volailles à petite échelle.

Avec l’aide d’un de ses frères, Kodjo a démarré un projet d’élevage en commençant par 2040 têtes de poulets pondeuses en 2002. Mais n’ayant pas une grande maîtrise de la gestion d’un poulailler, beaucoup de taux de mortalité sont survenus au cours de l’élevage jusqu’à ce qu’il ne reste que 600 sujets.

Après une pause de trois ans, l’éleveur se relance dans le business avec un chiffre d’affaires de 500.000 F.CFA, mais cette fois-ci avec l’élevage des dindons, des poulets de chair et du porc.

Coup d’expertise, les affaires ont prospéré. L’éleveur a aujourd’hui à son actif tout un cheptel de plus de 1000 coquelets de chair, 59 dindons, 62 porcs et 95 pintades.

Pour moderniser son élevage, il s’est acheté une couveuse mécanique qui lui permet d’éclore ses dindonneaux et ses pintadeaux. Malgré qu’il a presque réussi à s’imposer en tant qu’un grand éleveur de la zone, Kodjo Dogbe est confronté à l’absence de marché pour écouler sa production à l’exception de quelques particuliers qui viennent directement dans sa ferme pour faire des achats.

Le canton de Gadza, composé de 32 villages ne dispose pas de marché rural, ce qui met à mal l’économie des petits exploitants agricoles du milieu.

Son plus grand souhait est d’avoir des partenaires et d’arriver à vendre en grande quantité sa production.

Notre difficulté majeure, c’est l’alimentation des animaux et l’absence du marché. Pour les poulets de chair seulement, je dépense 232.000f chaque 10 jour. Mais les sujets vont faire 6 mois dans le poulailler, et passé ce délai, si on ne trouve pas de marché, je suis obligé de les garder et de les nourrir encore jusqu’à ce qu’on ne trouve le marché

Kodjo a l’ambition d’étendre sa ferme mais sans la garantie d’un marché de vente, impossible de faire plus. Sur sa ferme de cinq hectares, il emploie 5 personnes dont 2 permanents sur le site et 3 qui sont temporaires.

Il faudrait donc une bonne source de revenus sur les ventes pour faire fonctionner tout le système. Pour l’instant, l’éleveur développe des cultures de maïs sur son espace pour pouvoir approvisionner sa provenderie, une formule pour réduire les coûts de production.

Kodjo tient à sa particularité : la qualité de son élevage. Sa ferme est suivie régulièrement par un vétérinaire professionnel et tous ces sujets sont sains et de qualité. Pour amortir les charges, il investit aussi dans l’élevage des petits ruminants, une filière qu’il compte développer.

De la mécanique auto, Kodjo a aujourd’hui pris goût à l’élevage, en fait sa principale activité et n’a aucun regret d’avoir fait ce choix à un moment crucial de sa vie. Il compte être un grand producteur de la zone et augmenter sa production.

Son Père fut décédé quelques années plus tard, mais il a toujours continué ses activités d’éleveur professionnel.

📝 Source : Agri Digitale

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