Transformer les excédents de récolte en produits industriels, l’idée d’Agromyx au Ghana

Les petits exploitants endurent souvent des pertes post-récolte en raison du manque d’infrastructures de stockage. L’entreprise ghanéenne Agromyx a décidé de transformer le surplus de denrées agricoles en produits à valeur ajoutée.

Agromyx, entreprise agroalimentaire au Ghana, s’est spécialisée dans la fabrication d’aliments industriels. Dans son usine, des produits alimentaires riches en vitamines et minéraux, obtenus à partir d’excédents des récoltes. Pour ce faire, l’entreprise se concentre sur les produits frais et les cultures céréalières, les transformant pour prolonger leur durée de vie sans ajouter de conservateurs ou d’additifs, et réduisant ainsi les pertes alimentaires.

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Dans sa large gamme de produits, des poudres alimentaires (fruits et légumes), céréales instantanées, et boissons en poudre vendues sous sa marque Nourimeal. Les poudres de fruits sont utilisées dans les smoothies, comme substitut de sucre dans le porridge, incorporées dans les pâtisseries ou mélangées à de l’eau et de la glace pour une boisson au jus. Agromyx a ajouté à sa gamme de produits des céréales anciennes comme le fonio, sorgho, millet.

David Foli Ayivor (photo), le fondateur, a utilisé son expérience de plus de 10 ans dans l’hôtellerie en tant que directeur adjoint de la restauration, pour peaufiner son peaufiner son projet. Après avoir constaté les difficultés de conservation d’aliments dues aux coupures d’électricité, il a voulu apporter une solution durable et en 2017, il fonde Agromyx avec son épargne personnelle. Tirant parti des relations qu’il avait développées dans le secteur de l’hôtellerie, il a envoyé des échantillons gratuits aux hôtels et aux restaurants pour les tests, et a vu la demande pour ses produits croître.

Les pertes alimentaires après récolte et le gaspillage sont des problèmes majeurs dans l’industrie alimentaire et agricole en Afrique sub-saharienne. On estime que, chaque année, près de 50 % des fruits et légumes, 40 % des racines et 20 % des céréales sont perdus. Cette situation affecte particulièrement les petits exploitants agricoles et l’industrie alimentaire en général. Il en résulte des pénuries saisonnières et des hausses de prix.

Agromix s’engage à travailler directement avec les petits exploitants agricoles, les coopératives et les entreprises partageant les mêmes idées afin d’accroitre les revenus des acteurs du secteur. Pour le fondateur, transformer les excédents et les mettre à la disposition de tous à un prix accessible permettront également de lutter contre la pauvreté et la malnutrition, de créer des entreprises et des emplois, de stimuler l’économie du continent et d’améliorer sa balance commerciale.

Cependant, l’entreprise a fait face à ses débuts à une difficulté majeure, le manque de financement pour satisfaire la demande grandissante.

« En 2017 et 2018, nous avons eu de grosses difficultés financières. Les clients appelaient, voulant commander, mais nous n’avions tout simplement pas la capacité. Nous n’avons pas pu nous développer car les banques n’étaient pas prêtes à prendre le risque », se souvient David Foli Ayivor.

Il s’est finalement tourné vers des investisseurs aux États-Unis pour obtenir des fonds afin de développer l’entreprise. Ces investissements ont donné un coup de fouet à ses activités et lui ont permis d’acheter des machines plus adaptées. La marque ayant déjà fait ses preuves avec une grande clientèle parmi les restaurants et les hôtels du Ghana, David Foli Ayivor ambitionne d’établir des centres de transformation alimentaire dans les communautés à faible revenu pour fournir des emplois et une alimentation saine.

📝 Source : Agence Ecofin

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