Comment Aziz Mahamadou a transformé une terre aride en entreprise florissante au Niger

Convaincu du potentiel de l’agriculture et de l’élevage, Aziz Mahamadou a décidé de se lancer en aménageant un terrain aride, près de la rive Goroubi. En une décennie, il a réussi à en faire une entreprise agropastorale bio valorisée à plusieurs milliers d’euros.

Située à environ 70 km de Niamey, la capitale du Niger, la ferme Goroubi est composée de plusieurs entités distinctes. Sur une surface de 30 hectares, on retrouve un verger pour les fruits et légumes, un cheptel, un champ de moringa et une unité de transformation industrielle. L’entreprise tire son nom de la rivière Goroubi, sur laquelle s’étend l’exploitation, qui est entièrement bio. Denrées alimentaires, plantes, bovins, caprins, ovins, on y retrouve un peu de tout dans cette vaste étendue bâtie en moins de 10 ans.

Aziz Mahamadou est l’entrepreneur à la tête de l’entreprise Goroubi. Il a appris très jeune les rudiments du maraîchage dans le jardin familial. C’est en 2009 qu’il a eu l’idée de transformer ces terres autrefois jugées arides et infertiles, en une ferme agropastorale. Quelques années plus tard, il a diversifié son offre avec l’installation d’une unité de transformation industrielle.

« Nous y avons transporté l’eau, lessivé le sol parfois très salin, imbiber, labourer et remué et après 2 années de dur labeur nous y avons fait pousser biologiquement, presque tout ! Aujourd’hui après quelques 10 années de détermination acharnée, nous avons pu franchir plusieurs paliers de notre projet notamment avec la transformation de nos produits agricoles Biologiques pour offrir à notre clientèle une gamme de produits sains de grande qualité » relate-t-il.

La concrétisation de ce projet a été rendu possible grâce à l’accompagnement de partenaires financiers et techniques, à savoir Bagri Niger (Banque Agricole du Niger), et le Haut-Commissariat à l’initiative 3 N. Depuis son implémentation, plus d’une centaine d’emplois permanents et non permanents ont été créé, contribuant ainsi à la réduction du chômage dans un contexte où près d’un demi-million de jeunes entrent sur le marché du travail chaque année.

Aujourd’hui, les produits bruts et transformés de Goroubi sont présents dans tout le pays. L’entreprise approvisionne 60 pharmacies avec ses dérivés de moringa. Elle alimente également une grande clientèle en purées et jus de légumes ou de fruits frais. Avant la crise de Covid-19, le chiffre d’affaires de Goroubi s’établissait à 30 millions FCFA (environ 45 000 euros). La pandémie ayant frappé pratiquement toutes les industries, Aziz Mahamadou reste optimiste quant à ses projets de développement.

« La résilience et la force de notre projet résiste dans le fait que nous ne nous donnons aucune limite et faisons face avec courage et abnégation à toutes les situations difficiles telles que celle inédite de la covid-19 ! », précise-t-il.

Il a développé d’autres activités tel que le conseil et l’assistance agricole, et une unité de gestion du foncier rural. Son entreprise rencontrant un franc succès au niveau local, il travaille à présent sur l’obtention du label Ecocert, qui permettra bientôt à Goroubi d’exporter ses produits en tant que “certifiés bio” vers l’Union européenne, au Canada et aux États-Unis.

📝 Source : Agence Ecofin

Partager ce contenu sur :