Côte d’Ivoire : un ingénieur conçoit une solution innovante contre la maladie du cacao

Alors que 100 000 hectares de pieds de cacaoyer ont été identifiés comme infectés par la maladie du swollen shoot, l’ingénieur James Adjovi a trouvé le remède. Il a conçu un produit à base de graines de margousier, déjà adopté par plus de 600 producteurs de cacao et une vingtaine de coopératives.

Le Conseil du café-cacao (CCC) en Côte d’Ivoire signalait en 2018, l’infection de 100 000 hectares de pieds de cacaoyer qui seront détruits d’ici 2022 par la maladie du swollen shoot. Ce virus qui se caractérise par le gonflement des rameaux du cacaoyer, le jaunissement et la déformation des feuilles, et par des cabosses de petite taille, a déjà causé d’énormes pertes dans les plantations depuis 2013.

Mais James Adjovi, ingénieur résidant en Côte d’Ivoire et formé à l’Institut national polytechnique Félix Houphouët-Boigny de Yamoussoukro, propose un produit naturel qui combat la maladie. Baptisée BioElit, la solution à base de graines de margousier (communément appelé neem) et d’autres plantes, va aider les producteurs de cacao confrontés à cette maladie qui menace la productivité agricole.

Selon le concepteur, BioElit a été fabriqué sans ajout de produits chimiques et industriels. Il a des fonctions d’insecticide, de fongicide et de fertilisant, et peut être utilisé sans crainte d’effets négatifs sur les plantes et sur les utilisateurs. « On utilise 250 ml du produit dans 16 litres d’eau, pour une pulvérisation sur le tronc et les branches du cacaoyer. Le traitement se fait 2 fois en un mois, avec un intervalle de 15 jours pour une production de janvier à janvier, soit 13 mois », renseigne James Adjovi sur la revue scientifique SciDev.Net.

Une telle initiative pourrait non seulement aider les planteurs à augmenter leurs revenus, mais va également contribuer à la croissance de la filière cacao en Côte d’Ivoire, qui est le premier exportateur mondial. Les témoignages des producteurs locaux semblent d’ailleurs confirmer l’efficacité du produit.

« Quand j’ai découvert ce produit, à l’utilisation j’ai constaté un impact sur le rendement. Le planteur recherche un gain, or la récolte a doublé. L’autre avantage avec ce produit, c’est la régénération du cacaoyer », rassure Enoh Foba, producteur agricole et président des pépiniéristes ivoiriens, sur le même canal.

Selon les informations du concepteur, plus de 600 producteurs et une vingtaine de coopératives utilisent déjà BioElit au niveau local. Des essais sont également en cours pour son utilisation sur d’autres cultures comme le riz, la tomate et l’hévéa.

📝 Source : Agence Ecofin

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